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Petit historique du Centre de Formation de l'Essonne Qui sommes-nous ?

Le Centre de formation de l’Essonne (CFE) dispense exclusivement des formations à l’adresse des travailleurs sociaux.

Ainsi, sont assurées les préparations aux diplômes d’Etat des métiers :

  • d’Accompagnant Éducatif et Social
  • au Certificat d’Aptitude aux Fonctions d’Encadrement et de Responsable d’Unité d’Intervention Sociale
  • d’Éducateur Spécialisé
  • de Moniteur Éducateur
  • de Technicien de l’Intervention Sociale et Familiale
  • de Tutorat

Complémentairement, le CFE assure, avec le concours de la Région Île-de-France, un parcours d’accès à la qualification d’Accompagnant Éducatif et Social à l’adresse des demandeurs d’emploi et développe des modules thématiques correspondant aux préoccupations essentielles des professionnels du secteur médico-social.

Le CFE est né du conflit qui, en 1992, l’a opposé aux pouvoirs publics et à une minorité de membres de son CA.

Ce conflit portait sur l’interdiction faite, jusques et y compris aux éducateurs faisant fonction depuis plusieurs années, d’entrer en formation, pour cause d’insuffisance quant au niveau scolaire.

En effet, il convenait, et il convient toujours – sauf si l’on souscrit au dispositif dit de VAE, où il ne demeure plus aucune exigence scolaire et culturelle – d’être titulaire du baccalauréat ou d’avoir satisfait aux épreuves de l’examen organisé par les DRASS.

La VAE n’existant pas à l’époque, ces professionnels étaient ainsi condamnés à demeurer faisant fonction… jusqu’à l’âge de la retraite.

Les 8/10 des salariés du CFE, indignés par cette mesure autorisant des éducateurs à travailler tout en leur interdisant de se former au métier qu’ils exerçaient, devaient solliciter auprès des pouvoirs publics, une dérogation a minima pour les professionnels totalisant 5 ans et plus d’activité professionnelle.

Le refus de l’Etat à accorder cette dérogation engendra un conflit d’une année au terme duquel l’agrément dont bénéficiait le CFE à dispenser des formations de travailleurs sociaux lui fut retiré au bénéfice d’une toute nouvelle association nommée l’AGIRFASE.

Le CFE devait, durant, des années, « survivre » grâce à l’élan de solidarité qui s’était développé tout au long de l’année de conflit.

Ainsi, les anciens élèves grévistes devaient trouver et aménager des locaux, les professionnels, dispenser gracieusement des formations thématiques jusqu’au moment où le temps passant, le CFE devait progressivement et à nouveau bénéficier d’agréments à des formations qualifiantes pour en arriver là où nous en sommes aujourd’hui.

 Il nous faut, pour cela vous présenter les développements suivants :

On assiste depuis quelques années à de profondes mutations dans le champ du travail social. Une évolution des politiques sociales (RSA, projets territorialisés, insertion, droit des usagers …), des problématiques des personnes prises en charge (nouvelle précarité, ségrégation et déviance..), des conditions d’exercice professionnel et des métiers (évaluation, contrôle des dépenses, partenariat, marketing institutionnel, redéfinition des formations des travailleurs sociaux…), nouvelles problématiques axées sur les politiques de la ville…

Ces transformations ont pour effet d’imposer aux institutions de l’Action sociale et médico-sociale une réflexion sur leur modalité d’existence et de fonctionnement et notamment une redéfinition des rôles et fonctions d’encadrement.

C’est ainsi que la fonction d’encadrant s’est trouvée être au  centre d’une réflexion engagée par le CFE et ses différents partenaires, destinée à en définir tant la spécificité que le type de formation pouvant y préparer.

C’est ainsi que, comme nous l’avons précédemment dit, le centre de formation, poursuit en effet, depuis sa création en 1992, une politique de promotion sociale et professionnelle en offrant aux personnels éducatifs la possibilité de se former dans les meilleures conditions tant en formation initiale qu’en formation continue.

La multiplication des formes d’exclusion, l’aggravation aussi bien morale que physique des situations individuelles et collectives, la détérioration massive, l’émiettement partout constaté du lien social, tout confère aujourd’hui à la fonction du travailleur social une dimension d’extrême importance et de grande urgence, situé qu’il est au carrefour des souffrances humaines.

Sa responsabilité s’accroît au moment où les mutations du monde du travail, l’évolution des formes d’exclusion et les variations des structures institutionnelles lui font perdre ses repères.

Les travailleurs sociaux doivent avoir l’occasion de redéfinir, face aux convulsions du monde, leur place, leur statut et leur rôle au sein de la communauté humaine, de déterminer à nouveaux frais leur vocation et le sens de leur activité, sous peine de ne plus agir que mécaniquement et de ne faire de leur profession qu’une longue habitude. Par ailleurs, la richesse de l’expérience accumulée au cours des années de travail, dès qu’elle veut être retransmise et partagée, et encore approfondie, exige la maîtrise d’un outillage conceptuel, notionnel et culturel.

Les travailleurs sociaux se trouvent perpétuellement confrontés, de par leur activité professionnelle, à des situations les mettant dans l’obligation et l’urgence d’opérer des choix qui constituent des véritables décisions éthiques. Car la singularité des cas, empêche qu’on se retire derrière des codes déontologiques toujours trop abstraits et généraux, et la responsabilisation des travailleurs sociaux exige qu’ils puissent légitimer de manière éthique leurs choix.

De par leur activité et leur statut, ils se trouvent placés au cœur de la cité en même temps qu’à ses marges. Mais plus que témoins du problème social, ils en sont les acteurs directs. Œuvrant sur un tissu social souvent lacunaire, lâche, décousu, ils s’efforcent de ressouder des liens, de renouer des vies, d’empêcher ou de favoriser des rencontres. Cette implication, cet engagement ont cependant un revers immédiat : la difficulté parfois à se dégager des pratiques pour les analyser (comprendre par exemple et distinguer ce qui relève de l’amitié, de l’amour, du lien familial, de la solidarité civique ou de la dépendance économique ; examiner pour chaque type de lien leurs référents éthiques et politiques). Le travail d’éducateur (à l’occasion par exemple de mesure d’assistance en milieu ouvert) engage une réflexion critique sur le rôle et la fonction de la famille dans la constitution des identités. Plus largement la reprise réflexive, assumée par le travailleur social, du sens de son statut doit passer par une interrogation sur ce que signifie ce lien social qu’il a comme vocation de faire exister.

Si les travailleurs sociaux se consacrent effectivement à réparer les effets désastreux de la faillite du lien social, des imperfections des systèmes de solidarité, de la profondeur des inégalités et des injustices, il paraît capital qu’ils puissent disposer d’un temps de réflexion et d’un encadrement adapté.